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jeudi 22 mars 2012

Messi, la légende contestée

                              Lionel Messi ne laisse personne indifférent


Pour un joueur de football, la récompense suprême, outre de remporter la Coupe du monde, est d'être considéré comme une légende à part entière de l’histoire du jeu. Ce statut honorifique semble pourtant se refuser à Lionel Messi, aussi incroyable soit les performances de l’Argentin balle au pied, car nombreux sont ceux qui pointent du doigt le fait que l'Argentin n'a pas encore soulevé la mythique coupe dorée. Retour sur ce débat qui agite les afficionados du ballon rond.

Que les fans du Real Madrid se rassurent dès les premières lignes, il n'y aura pas de comparaison entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo dans cet article. L'attaquant argentin du FC Barcelone, qui est devenu mardi soir le meilleur buteur de l'histoire du club catalan (234 réalisations), sera seul au centre des discussions sur notre plate-forme. Car malgré son quintuplé phénoménal contre Leverkusen le 7 mars dernier en Ligue des champions (7-1), c’est bien la remise en question du statut de  «légende » du ballon rond du natif de Rosario qui revient constamment sur le tapis.

Les oreilles de Messi sifflent régulièrement depuis plusieurs semaines, et ceux par la faute d’une seule et même interrogation qui brûle les lèvres des observateurs du buteur de l’Albiceleste : que ferait la Pulga dans un autre club ? Pour répondre à ce questionnement somme toute saugrenu, il serait judicieux de dire que Ryan Giggs reste fidèle à Manchester United depuis le début de sa carrière (débutée il y'a 21 ans maintenant) et que personne n'a encore intenté à un procès d'intention au milieu de terrain gallois. Seulement voilà, le talent brut de Messi semble déranger. 

Être reconnu par ses pairs est un honneur pour n'importe quel sportif. Lionel Messi soulève l'admiration de ses coéquipiers du Barça d'un part (Thiago Alcantara a en effet reconnu qu'il s’arrêtait parfois pour regarder jouer l'Argentin !), mais aussi celle des stars d'autres clubs de prestige. En effet, Wayne Rooney en personne s’est fendu d’un tweet élogieux à l’encontre de son homologue argentin après le quintuplé de celui-ci face au Bayer: "Messi est incroyable. Pour moi, c’est le meilleur joueur de tous les temps"  avait en effet posté le serial buteur de Manchester United juste après la rencontre. Mais il semblerait que faire s'enthousiasmer toute la planète foot ne suffise pas à devenir une légende à part entière du ballon rond. 

L'obsession de la Coupe du monde

En effet, Pelé a toujours martelé que Messi ne serait pas une vraie légende tant qu’il ne compterait pas la Coupe du monde à son palmarès. Récemment, l'idole auriverde Ronaldo s'est épanchée dans les colonnes d'El Mundo Deportivo pour reprendre les mêmes propos que son illustre compatriote, avec un brin de narcissisme en plus : "Lionel Messi est fantastique. Mais il sera une légende comme El Fenomeno (son surnom, nldr), Zidane et Maradona  seulement lorsqu'il aura réalisé la même chose que ces grands joueurs. A savoir gagner la Coupe du monde avec l'Argentine.". De toutes les anciennes gloires du football aujourd’hui à la retraite, seul Johan Cruyff a vraiment pris la défense du lutin argentin. Cette semaine, le "Hollandais Volant " déclarait en effet sur les ondes de Radio Catalunyia que "Messi était un diamant brut qui inspirait les enfants". 

Lionel Messi n'a pas remporté la Coupe du monde, c'est un fait. Mais au vue des prestations de l'Argentin sur un terrain de football, il paraît dérisoire de rabâcher le même discours à propos de la célèbre coupe. Car parmi les joueurs qui ont gagné le Mondial au cours de leur carrière, on retrouve quand même Franck Leboeuf, Vincenzo Iaquinta ou encore Joan Capdevila, c'est dire ! Il serait plus judicieux d’évoquer le fait que l'équipe nationale d'Argentine doit se mouler autour du protégé de Guardiola pour espérer un jour triompher sur le toit du monde.  Mais C’est un autre débat. Quoi qu'il en soit, la Pulga et ses trois Ballons D’or, 18 titres et 49 buts en Ligue des champions sont déjà rentrés dans l'histoire du jeu, que certains le veuillent ou non.

Bastien Rambert, à suivre sur Twitter

mercredi 28 décembre 2011

Avec la Masia, c'est tous les jours Noël

  Serez-vous reconnaître Piqué, Fabregas et Messi lors de leur passage à la Masia ?


Depuis sa création le 29 novembre 1899, le FC Barcelone a réussi à amasser (entre autres) 21 titres de champion d'Espagne, quatre ligues de champion et deux coupes du monde des clubs. Un palmarès incroyable, qui n'en finit pas de s'étoffer année après année. L'ère Guardiola a rempli l'armoire à trophées catalane de treize titres supplémentaires en trois ans. Le technicien blaugrana, aussi doué soit-il, a pu compter sur une génération exceptionnelle, tout droit sortie (dans sa large majorité ) du centre de formation du Barça: la Masia. La pépinière des Blaugrana peut se targuer d'avoir lancé dans le grand bain les Xavi, Messi, Iniesta ou encore Puyol. Il est donc temps de rendre hommage à ce centre de formation qui cumule les lauriers, tout en prônant à merveille la philosophie "culé" qui fait la pluie et le beau temps sur les terrains d'Europe.

Le Barça de Rijjkard était celui des grandes individualités, à des milliers d'années de la grande époque symbolisée par la grinta de Cruyff. Puis Pep Guardiola est arrivé un soir de mai 2008 pour mettre un coup de balais à cette équipe catalane qui battait de l'aile. L'ancien numéro 4 des blaugranas a redoré  le blason du club en allant se servir dans son centre de formation : la Masia, créé en 1979 pour le club "culé". Le technicien espagnol peut donc maintenant récolter les lauriers : le Barca est devenu une véritable machine à gagner, écrasant le rival madrilène sur son passage. Une question saute donc aux yeux : que serait le Barça sans son centre de formation ? Et la réponse est limpide : une équipe lambda de la Liga. 

Fournisseur officiel de talents 

La Masia a formé bon nombre des champions espagnols de 2010 : Xavi, Iniesta, Puyol, Valdes, Reina et Fabregas pour ne citer qu'eux, ont fait leurs premières armes dans le centre de formation catalan. Que dire alors du fait Lionel Messi, l'un des meilleurs joueurs du monde si ce n'est le meilleur, soit lui aussi un pur produit du centre blaugrana ? Une chose est sûre : la Masia ne va pas s'arrêter en si bon chemin. Récemment, Thiago Alcantara, Cuenca, Montoya ou encore Tello ont pu goûter aux joies de l'équipe première. Le Barça et la Masia sont tout bonnement indissociables, d'autant plus qu'il s'agit d'une aubaine financière pour les catalans, au vue de leur déficit, chronique aux grandes équipes. La réussite de la Masia est surtout un contre-pied parfait pour montrer que la réussite n'est pas une question de pétrodollars venus d'Orient. Mais tout ceci ne serait pas possible sans la confiance aveugle de Guardiola, qui n'hésite pas une seconde à lâcher ses petits protégés dans le grand bain.

Pep, maestro en chef 

Contre le Bate Borisov en Ligue des Champions (4-0), Pep Guardiola a décidé de donner carte blanche à la jeune garde blaugrana. La "classe biberon" catalane ne s'est pas prié de faire l'étalage de son talent, en surclassant les pauvres biélorusses. Guardiola a la chance de pouvoir compter sur une équipe B très tranchante, notamment au niveau du potentiel offensif. Mais il faut surtout souligner ici l'audace du technicien catalan, qui n'a jamais hésité à faire confiance aux produits de la Masia. Lorsque Pedro a commencé son éclosion en 2008, il était considéré comme un jeune talent de plus, cantonné au rôle de doublure durant l'intégralité de sa carrière s'il restait au Barça (une carrière à la Bojan, en somme). Mais Guardiola n'a jamais perdu espoir envers l’ailier espagnol, qui a réussi à renvoyer Henri puis Ibrahimovic sur le banc. L'ego n'a pas sa place en Catalogne. Ainsi, Eto'o, Ibrahimovic (et peut-être Villa) ont dû plier bagage du fait de leur attitude. Un trait de caractère inconnu des produits de la Masia, formé de leur plus jeune âge au sacrifice collectif pour le bien de l'équipe.   

De l'explosivité à revendre 
(Photo : Victor Valdes et Pep Reina, à l'époque où ils n'étaient pas encore célèbres)
Les nouveaux talents du Barça sont imprégnés de la philosophie culé : garder la balle et forcer l'adversaire à se découvrir. Ce qui explique l'intégration ultra rapide des jeunes pousses de la Masia. Ces derniers possèdent les bases communes aux membres de l'équipe première. Un must en matière de formation, qui permet au Barça de pouvoir faire souffler ses cadres. Ce turn-over très apprécié par Guardiola est l'un des facteurs clés de la réussite des Blaugranas ces dernières années. Il faut aussi prendre en compte que la jeune garde catalane ne nourrit aucun complexe sur le terrain face aux stars du ballon rond. Il suffit de voir le but de Thiago Alcantara contre Manchester United cet été (preuve en images ci-dessous) pour comprendre toute la force de caractère des joueurs made In Barça.




L'avenir est entre leurs mains 


La Masia est à coup sur l'avenir du FC Barcelone. L'équipe catalane a tout bonnement déjà trouvé la plupart des  successeurs des stars de l'équipe première. Sergio Roberto possède déjà toutes les qualités pour suppléer Busquets ou Mascherano. Thiago Alcantara est le futur Xavi par sa conduite de balle et la qualité de son jeu de passes. Cuenca est le futur Pedro au poste d’ailler, grâce à son sens du jeu vers l'avant. Certes, le nouveau Lionel Messi n'a pas encore été formé par la Masia. Mais si le centre de formation du FC Barcelone continue dans ce sens-là, il risque fort d'être la pépinière de non pas un, mais plusieurs Ballon d'Or en devenir.

Bastien Rambert



mercredi 21 septembre 2011

Fabregas, l'intégration express




Les feuilletons footbalistisques sont depuis quelques années une partie inhérente du marché des transfert. L'épisode Fabregas n'a pas dérogé à la règle, s'étalant pendant deux ans, à coup d'interminables négociations. L'un des joyaux de la Masia a donc finalement retrouvé son club formateur, huit ans après avoir fait le bonheur d'Arsenal. Mais personne n'aurait pu parier que l'ancien capitaine d'Arsenal s'intégrerait aussi vite dans la machine barcelonaise. Le numéro 4 catalan a relégué Pedro au rang de simple joker et il se permet même de marquer à presque tous les matchs. Analyse de la réussite immédiate de la nouvelle perle blaugrana. 

Lancé à vitesse grand V dans le grand bain  
  
Pour son premier baptême du feu avec le Barça, Fabregas a dû tout de suite trouver ses marques, car l'adversaire n'était autre que le Real Madrid lors de la finale retour de la Supercoupe d'Espagne (2-2 au match aller). Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne s'est pas fait prier pour tout de suite briller avec les champions d'Europe. Sur le troisième but blaugrana, Fabregas sert Messi en profondeur, ce dernier décalant Adriano qui centra pour le but victorieux de la Pulga. Fabregas a donc réussi avec brio son examen d'entrée, soulevant un trophée après seulement dix minutes sous le maillot catalan. Évidemment, cela met en confiance. La semaine suivante, il ouvre son compteur en marquant contre Naples (5-0) . Deux matchs, deux trophées. A des années lumières de ses saisons avec Arsenal.


Une soif de titres qui le motive  

Cesc Fabregas a quitté Arsenal pour deux raison: la première était qu'il voulait retrouver son club de coeur, ses racines, là où on lui avait inculqué les bases du jeu de passes catalans. Mais la seconde raison, évoquée plus tardivement par le joueur, est que l'ibère voulait remplir les lignes de son palmarès. En 5 ans de l'autre côté de la Manche, Fabregas n'a soulevé qu'une seule coupe: la Coupe d'Angleterre 2005, remportée aux dépends de Manchester United aux tirs aux but. Un bilan famélique qui a poussé le natif de Vilassar de Mar à vouloir changer d'air. Les supporters des Gunners le savaient, même s'ils auraient aimés garder leur diamant brut encore une saison de plus. Mais l'appel du Barça fut le plus fort, même si le joueur a chaudement remercier son mentor, Arsène Wenger. Après seulement deux mois chez les blaugranas, Cesc compte déjà trois titres de plus dans son armoire à trophées. Et il compte bien ne pas s'arrêter là, espérant remporter enfin la Ligue des Champions, qui fuit comme la peste le club londonien depuis de nombreuses années.


Un joueur au service du collectif  

Au Barca, il faut comprendre que personne n'est intouchable. Evidement, Lionel Messi est sur un piédestal, fort de deux ballons d'or et d'innombrables prestations qui ont fait de lui un joueur à part sur la planète foot. Mais l'international albiceleste a déjà débuté des rencontres sur le banc, car Pep Guardiola fait souvent tourner son système de jeu pour mettre en déroute l'adversaire. Bref, l'égocentrisme est banni du côté du Camp Nou. Ibrahimovic et Eto'o se sont cassé les dents face à cette réalité. Pas Fabregas. L'ancien Gunner savait d'avance qu'il allait devoir changer de poste comme de chemise. Milieu défensif puis ailier, le joueur de la Roja a surpris tout son monde en étant explosif sur l'aile. Résultat, il marque à toutes les rencontres, comme le week end dernier lors de la manita infligée à Osasuna (8-0). Mais la flamboyante de Fabregas s'explique aussi (et surtout) par sa complémentarité avec un homme: Lionel Messi.


La symbiose parfaite avec Messi 
  
Deux purs produits de la Masia côte à côte, cela crée forcement des étincelles. Mais l'association Fabregas-Messi est bien plus forte que ça. Les deux joueurs ont fait leurs premiers faits d'armes sur un terrain ensemble (avec le FC Barcelone B), et ont tissé un véritable lien d'amitié. Cette symbiose s'illustre sur le terrain par le fait que Messi trouve Fabregas les yeux fermés et vice versa. On peut dire l'air moqueur que jouer avec Messi rend les choses beaucoup plus faciles. Mais Fabregas n'est pas du tout étranger au début en fanfare de l'Argentin cette saison (9 réalisations toute compétitions confondues ). L'Espagnol a notamment signé trois passes décisives samedi dernier au Camp Nou. Les autres équipes commencent à avoir une sérieuse migraine avec cette doublette. Et quelque chose me dit que ce n'est que le commencement.


Bastien Rambert