Barre horizontale de navigation

mercredi 18 janvier 2012

Abidal reste maître à bord

                       Abidal va donc continuer son aventure avec les blaugranas


C'est ce qu'on appelle une parfaite gestion de son avenir. Tel un fin stratège, Éric Abidal a réussi à prolonger son aventure avec le FC Barcelone d'une année supplémentaire reconductible, malgré les nombreuses rumeurs de transfert qui l'entourait. L'ancien lyonnais est donc le grand vainqueur de ce poker menteur, imprégné de soucis financiers et d'une durée de contact qui posait problème. Mais il en ressort surtout que le numéro 22 des blaugranas a de nouveau réussi à imposer sa griffe, comme tout au long de sa carrière.

"Le FC Barcelone annonce avoir trouvé un accord avec Éric Abidal pour prolonger son contrat pour une saison supplémentaire, jusqu'au 30 juin 2013. L'accord inclut la possibilité d'un renouvellement automatique d'un an à la fin de chaque saison jusqu'en 2015". Par ce communiqué, le Barça a donc mis fin au feuilleton qui secouait la Catalogne depuis plusieurs mois maintenant. Éric Abidal, au club depuis 2007, a donc enfin accepté la proposition de prolongation émanant des mains du président Sandro Rosell. Les deux parties sont donc liées au minium jusqu'en juin 2013. Se pose alors la principale question : Qui ressort vainqueur de ce document paragraphé sous le soleil catalan ? La réponse est claire et limpide : le joueur lui-même.

Le Barça en est clairement dépendant

Pour mieux comprendre toute la réussite de la stratégie de communication d'Eric Abidal et de son agent David Venditelli, il faut exposer les faits clairement sur la table. Si l'on omet l'ancien lyonnais, le club catalan ne dispose pas d'un arrière gauche indiscutable. Maxwell est parti gonfler les rangs du PSG, alors qu'Adriano navigue entre deux postes tel un poisson pilote. Il apparaît donc clair que les champions d'Europe en titre ne peuvent pas se passer des services d'Abidal. D'autant plus que le club catalan est déficitaire, ayant clos la saison 2010-2011 avec un déficit de 9,3 millions d'euros. Incapable de recruter pour combler l'absence de David Villa, victime d'une fracture du tibia lors du dernier Mondial des Clubs, le FC Barcelone ne peut décemment pas se résoudre à trouver un remplaçant immédiat à Maxwell. Abidal est donc là au bon moment. Malgré ces 32 ans, il est donc l'élément numéro un du couloir gauche défensif du Barça. Par défaut ? Peut-être. D'autant plus qu'Abidal a su se rendre indispensable par son apport à l'équipe d'une part, mais aussi aux yeux de Guardiola, dont il bénéficie du soutien sans faille.

L'icône de Guardiola

Guardiola en a fait un exemple de pugnacité, un exemple à suivre pour perdurer au sein du club catalan. Tout le monde garde encore en mémoire les images d'un Éric Abidal sourire aux lèvres, porté dans les airs par ses coéquipiers après son retour sur le terrain des suites de son opération du foie. Si Messi incarne le talent à l'état pur, son coéquipier français incarne quant à lui la rage de vaincre si importante aux yeux du technicien catalan. Difficile pour lui alors dans ces conditions de se séparer de son protégé. Mardi, en conférence de presse, l'ancien milieu défensif blaugrana martelait encore "qu'Éric Abidal est très précieux pour nous. C'est un joueur très compliqué à trouver. Humainement, c'est quelqu'un qui vous marque forcément. Et sur le plan du football, c'est un joueur qui, par sa polyvalence, nous donne de très nombreuses options tactiques". Avec Pep dans la poche, Abidal peut voir loin. Mais il n'y a rien de machiavélique dans la personnalité du natif de Saint-Genis-Laval. Il faut plutôt pointer du doigt l'idée que le joueur a voulu assurer ses arrières. Dans quel but ? Pouvoir continuer au plus haut niveau.

Assurer ses arrières 

Le fait que le FC Barcelone voulait prolonger Abidal était un secret de polichinelle. Mais rien n'était moins sûr du côté de la réponse du joueur. Car ce dernier a habillement su faire pencher la balance en sa faveur. En soufflant le chaud et le froid sur un éventuel départ (le PSG, Le Milan AC ou encore Liverpool ont été évoqués comme points de chute potentiels.) Éric Abidal a irrémédiablement fait réagir le Barca, qui n'a pas une armada de latéraux dans son effectif. D'autant plus que le joueur s'est aussi permis de pointer du doigt un autre problème majeur lié à sa prolongation de contrat avec le Barça : l'imposition des salaires. En effet, depuis vendredi dernier, les salaires de plus de 300 000 € dans le football espagnol sont imposés à 56%, contre 49% auparavant. Abidal a donc laissé entrouverte la porte du départ pour faire réagir les émissaires de Sandro Rossell, qui ont mordu à l’hameçon pour garder le latéral tricolore, avec une augmentation salariale à la clé. Le Français a donc remporté avec brio toutes les batailles, en parvenant même à signer un contact reconductible, alors que le club catalan était plutôt tenté par une simple prolongation d'une année supplémentaire. La victoire est donc complète pour Abidal, qui va donc continuer son petit bonhomme de chemin les hommes de Guardiola. Mais au-delà de la stratégie, il faut aussi souligner la faculté d'adaptation du tricolorer malgré les renaissances adverses.

Abidal, le mal-aimé qui a su s'imposer

Tout au long de sa carrière, Éric Abidal a dû faire face au feu des critiques. Quand il est arrivé au Barca, l'ex-lyonnais avait pour mission de faire oublier le Néerlandais Giovanni Van Bronckhorst. Ce fut loin d'être une mince affaire, mais force est de reconnaître qu'Abidal jouit maintenant d'une côté de popularité très importante dans le coeur des "culés". En équipe de France, Abidal a multiplié les prestations délicates en défense centrale avant que l'idée d'une association avec Kaboul ne germe dans l'esprit de Laurent Blanc. Revanchard Éric Abidal ? Peut-être. Cela expliquerait en grande partie son attitude récente de stratège pour gérer la fin de sa carrière. Mais les diamants ne sont pas éternels. le Français n'est en aucun cas assuré de garder sa place de titulaire jusqu'à fin 2013. D'autant plus qu'il se murmure que Jordi Alba, le talentueux latéral gauche de Valence, pourrait bientôt frapper aux portes du Camp Nou. Le poids de l'âge serait alors un vrai point négatif, même pour le chouchou de Pep. Abidal est prévenu, la chute pourrait être dure.

Bastien Rambert

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire