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jeudi 2 février 2012

Les égarés du football épisode 1: Ricardo Quaresma

                   Ricardo Quaresma veut renaître de ses cendres avec Besiktas

Toute saga n'est pas forcément élogieuse. C'est le cas de cette nouvelle rubrique. Nombreux cracks de la planète football se sont ainsi éloignés du gratin mondial après avoir fait saliver tous les observateurs. C'est le cas de Ricardo Quaresma, qui a l'honneur d'être le premier invité de cette sage. Le Portugais, véritable virtuose du football, a connu une ascension fulgurante avant d'entamer une lente descente vers un relatif anonymat. Autopsie d'un crash tout sauf annoncé.

Le FC Barcelone, Porto, L'Inter Milan, Chelsea et Besiktas. Voici le nom des clubs inscrits sur la carte de visite de Ricardo Quaresma. Un curriculum vitae plutôt impressionnant, avec pour fait d'armes notable un doublé coupe-championnat en 2010 avec les Nerazzurri. Mais la réalité est parfois bien trompeuse, et ici, bien moins élogieuse pour le lusitanien. Quaresma n'a pas pu perdurer à très haut niveau, si l'on excepte son aventure avec Porto qui l'avait relevé au grand public. La raison de cet échec est assez limpide : le Portugais n'a jamais pu se fondre dans le collectif des équipes dans lesquelles il a joué.

Festival technique, gâchis collectif

Ricardo Quaresma fait partie de cette génération dorée des ailiers portugais du XXIe siècle, avec Cristiano Ronaldo et Nani comme camarde sous la bannière lusitanienne. Les trois compères ont tous les trois réussi à exploser dans les grosses écuries européennes après un passage au Sporting Portugal au début de leur carrière. Les ressemblances s'arrêtent ici. Au contraire de ses deux coéquipiers en sélection, Quaresma n'a jamais intégré le collectif à son schéma de jeu. Cristiano Ronaldo et Nani sont actuellement reconnu à la fois pour leur talent individuel et leur faculté à être altruiste au moment où leur équipe est le plus dépendant de son collectif. Illustration même lors de la 19e journée de Liga, où José Mourinho, après la victoire étriquée des Madrilènes contre Majorque (1-2) a reconnu en conférence presse d'après-match que CR7 avait "travaillé comme un animal et récupéré beaucoup de ballons. Il a vraiment joué pour toute l'équipe". Nani n'est pas en reste, car Skysports a révélé que l’ailier mancunien avait déjà réussi 33 passes décisives en 100 matches sous le maillot des Red Devils. Quid de Quaresma ? Rien de bien glorieux. L'ancien crack de Porto n'a jamais suscité l'unanimité, du fait de son entêtement à vouloir faire la différence par des gestes techniques à répétition. Lui aussi a pourtant été sous les ordres de Mourinho. Mais le "Spécial One" est resté mitigé avec son compatriote, comme l'a avoué le joueur dans une interview donnée au journal portugais Publico : "Mon plus grand regret est d'avoir rejoint l'Inter. Mon bonheur et ma confiance en moi se sont envolés là-bas." Mais difficile de se faire l'avocat du diable, au regard de la réelle efficacité du joueur.

Une efficacité qui lui a fait défaut

Entre 2008 et 2010, Ricardo Quaresma a foulé à 37 reprises la pelouse d'un terrain de football, avec L'Inter de Milan et Chelsea. Lors de ses 37 apparitions, il n'aura fait parler la poudre qu'à une seule occasion, lors d'une rencontre de Serie A contre Catane. Un bilan famélique, qui traduit inefficacité du joueur. Certes, on n'attend pas de lui le ratio d'un Lionel Messi ou d'un Wayne Rooney. Mais force est de reconnaître que les ailiers font partie intégrante du potentiel offensif d'une équipe, et qu'il est alors bien difficile de défendre Quaresma sur ce sujet. D'autant plus que lors de son épopée à Porto (2004-2008), le Lusitanien avait fait parler la poudre à 29 reprises. Un bilan honorable, qui s'expliquait par le fait que le club avait à cette époque des joueurs très prolifiques à disposition (Lisandro, Helder Postiga ou encore Hugo Almeida). Le lusitanien était alors au sommet de sa gloire, et faisait se soulever comme un seul homme l'Estadio Do Dragao avec ses gestes techniques. Mais tout ceci semble bien loin pour le Portugais, au vue de son expérience désastreuse chez les cadors européens.

Une véritable traversée du désert

Quaresma s'est littéralement brûlé les ailes à très haut niveau, à cause de son excès de zèle concernant les gestes techniques à outrance. Oui, le natif de Lisbonne est un des maîtres de la rabona (coup du foulard) et de la trivela (extérieur du pied). Mais cela ne fait pas tout dans le football. Son aisance technique n'a pas réussi à masquer un réel manque d'apport au collectif. En retrait par rapport au collectif, Quaresma n'a jamais pu profiter des bons ballons de ses coéquipiers pour faire trembler les filets adverses, glanant même un trophée dont il se serait bien passé : celui de ballon de plomb italien en 2008. Ses deux années de disette avec l'Inter et Chelsea l'ont littéralement plombés aux yeux du monde impitoyable du football, conduisant Carlos Queiroz à l'écarter de la liste des 30 joueurs retenus pour la Coupe du Monde 2010. Un véritable crève-coeur pour celui qui, au regard de la vidéo qui va suivre, méritait forcément mieux.


Un exode salvateur ?

Le phoenix Quaresma peut-il renaître de ses cendres ? L'avenir nous le dira. En Turquie, l'ancien crack de Porto semble avoir trouvé un peu de répit après deux années très difficiles. Paulo Bento, le nouveau sélectionneur de l'équipe nationale du Portugal, a décidé de le rappeler le 3 septembre 2010 (après deux ans d'absence) lors d'un match de qualification pour l'Euro 2012 contre Chypre. A cette occasion, l'ancien blaugrana a même été élu homme du match. Rien n'est encore acquis cependant quant à sa participation à la phase finale en Ukraine et en Pologne. Mais Quaresma, sur le chemin de la rédemption, pourrait donc finalement retrouver la lumière, à la faveur de son exode en Turquie. Le numéro 7 de Besiktas, fer de lance de l'équipe stambouliote, enchaîne les bonnes performances, et n'est pas étranger au fait que le club turque est réussi à se qualifier pour les 16e de finale de l'Europa League. A 29 ans, le natif de Lisbonne peut donc encore espérer se faire une place au soleil. Mais pour cela,  il devra prouver qu'il est maintenant capable d'enfin se fondre dans le collectif. Ironie du sort, Besiktas affrontera Braga en 16e de finale. L'occasion pour Quaresma de se rappeler au bon souvenir de ses compatriotes.


Bastien Rambert

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