Les temps changent, mais un club n'évolue pas, Arsenal. Vous l'aurez compris, ceci est un billet d'humeur contre les Gunners, qui foncent tout droit vers une nouvelle saison blanche alors qu'elle n'a même pas encore commencée. A force de prospecter dans la jeunesse et d'oublier le championnat dans lequel son équipe évolue, Arsène Wenger risque fort de ruminer sur son banc de touche lorsque les confrontations avec le Big Four vont pointer le bout de leur nez.
Cesc Fabregas et Samir Nasri ont confié leurs envies d'ailleurs. On pourrait alors dire vulgairement que les rats quittent le navire. Car les deux joyaux du club londonien commencent sérieusement à s'impatienter du manque d'ambition de l'équipe basée à l'Emirates Stadium. Évidemment, ce n'est pas la même histoire entre l'ibère et l'ancien phocéen. Mais force est de constater que les Gunners font moins rêver, notamment car le dernier trophée glané par les hommes d'Arsène Wenger remonte à 2005, avec une victoire aux tirs au but contre Manchester United lors de la finale de la Coupe d'Angleterre. Ce bilan famélique est en inéquation avec la volonté du club de contrecarrer les deux cadors de la Premier League que sont Manchester United et Chelsea.
Un recrutement qui fait largement débat
On arrive au cœur du problème selon moi. Arsène Wenger ne recrute pas les bons joueurs. Dans un championnat aussi rude que le championnat anglais, il faut des hommes de poigne. On peut citer Rio Ferdinand à United, Nigel de Jong à City, Martin Skrtel à Liverpool ou encore John Terry à Chelsea. Mais Arsenal n'a pas dans son effectif un joueur capable de jouer au coude à coude, qui ne rechigne pas à aller a la bagarre. Non, l'effectif des Gunners est fourni de joueurs longiligne,certes très rapides mais qui se font surclasser au physique. Patrice Evra a dit lors de la demi-finale de la Ligue des Champions 2008-2009 contre Arsenal: «Onze hommes contre onze enfants». Ces paroles sont certes choquantes, mais on ne peut pas dire qu'Arsenal fasse vraiment peur depuis l'époque bénie des Pires, Henry, Adams, Berkamp, Kanu et consœurs.
Toujours la même histoire
Chaque année, les Gunners nous font la promesse d'une année faste, avec des titres à la clé, du beau jeu et un recrutement à la hauteur de l'histoire du club. Et chaque année, on ne voit que le beau jeu (et encore, cela est soumis à condition). Car Arsenal peut jouer à merveille, lorsque Wilshere pose le pied sur le ballon, lorsque Walcott accélère sur les ailes ou encore lorsque Van Persie décoche un missile du pied gauche dont il a le secret. Mais lorsqu'il s'agit de jouer un membre du Big Four, le club londonien est très souvent aux abonnés absents. Rageant. De plus, Arsenal a la fâcheuse manie de lâcher des précieux points en route, notamment lors de match «tout fait», avec pour exemple le 4-4 contre Newcastle la saison dernière alors que les Gunners menaient 4-0 ... Du coup, de nombreux noms sont annoncés du côté de l'Emirates, mais personne ne pointe le bout de son nez au final.
Un recrutement, quel recrutement ?
Le mercato estival d'Arsenal est toujours plein de promesses, avec des jeunes talents venus des quatre coins du globe. Mais au final, peu enfilent la tunique rouge et blanche. Et certains se révèlent être des échecs cuisants, comme Carlos Vela. D'autant plus que les cadres ne se sentent pas protégés au sein même de leur équipe. Si l'on regarde au jour d'aujourd'hui le marché des transferts, on constate que Van Persie, Bendtner, Nasri, Fabregas, Arshavin et Chamak sont approchés par d'autres clubs, sachant que Clichy a déjà renfloué la concurrence en signant à Manchester City lundi dernier. Gervinho va signer chez les Gunners. C'est une signature intéressante, mais il faut avouer que le club a les moyens de recruter plus haut que l'Ivoirien. Il faut être réaliste: le rêve londonien est entrain de devenir un feu de paille.
Revenir les pieds sur terre
C'est pourquoi je pense qu'Arsenal doit redescendre de son nuage. Il est grand temps que le football parle du côté de Londres. Pour cela, les Gunners doivent faire signer du sang neuf, en s'emparant d'un joueur athlétique d'un part, mais aussi d'un buteur capable de transcender le public insatisfait de l'Emirates. Arsène Wenger veut Karim Benzema: il rêve en couleur. Arsenal doit chercher dans le moins clinquant, mais dans l'efficace. L'époque de Denis Berkamp est loin et révolue: il faut maintenant construire des nouvelles bases, en souvenir du glorieux passé.
B.R
B.R

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