Barre horizontale de navigation

samedi 18 juin 2011

Le Fair-play financier : où le frustrant échec du football professionnel?

                            
It’s time to spend money!!                          
                 

En effet, pour les grands clubs, ce mercato d’été sera le dernier où ils pourront dépenser en masse pour les grands joueurs qu’ils convoitent. Le séisme du transfert de Cristiano Ronaldo au Real Madrid, pour la maudite somme de quatre vingt treize millions d’euros, fut le déclencheur de ce processus qui vise  rétablir une certaine concurrence égalitaire. Mais plus que cet objectif, c’est surtout une finalité morale qui est visée pour revenir aux principes primaires du football tant désirés par « Platoche ».

Le principe :

Les clubs européens ne peuvent pas dépenser de manière réitérée plus que les revenus générés au cours de l’année civile.
Le terme revenu  est ici sans équivoque. Il comporte en substance l’argent issu des droits TV, dont beaucoup de clubs vivent en France, la billetterie, les produits dérivés, le sponsoring et les primes issus des différentes compétitions. Ce qui est spécifiquement visé ici par l’UEFA, ce sont surtout les revenus issus des capitaux injectés, c'est-à-dire les transferts et l’argent issu des actionnaires qui seront désormais plafonnés.
De plus, il ne doit avoir aucun  retard de paiement de la part du club envers un autre club sur un transfert, ou même envers ses employés.
Enfin, les clubs doivent assurer une transparence totale sur leurs finances pour pouvoir répondre à leurs obligations futures. 

La pratique :

Le jeudi 27 mai 2010, c'est-à-dire un peu plus d’un an, le comité exécutif de l’UEFA adopta le règlement sur le fair-play financier.
Les grandes lignes de ce règlement énoncent que: 

 _ Le principe d’équilibre financier vu auparavant rentrera en vigueur dès la saison 2011-2012.
·          _  L’UEFA lors de la saison 2012-2013 fera ses premières évaluations.
·         _Lors de la saison 2013-2014, les premières sanctions pourront tomber comme des amendes au mieux ou une exclusion temporaire d’une compétition européenne au pire.
·        _ Création d’un panel de contrôle financier des clubs présidé par Jean-Luc Dehaene chargé de la surveillance.

L’objectif :

« Cet accord marque un nouveau départ pour les finances des clubs européens de football. Nous allons rétablir une stabilité et un bon-sens économique dans le football »_ Platini.

La finalité, qui doit être durable, est on ne peut plus clair, parvenir à une bonne santé financière pour que les clubs ne dépensent pas plus qu’ils ne gagnent.  Cela doit normalement donné dans le court terme à une réduction des déficits des plus grands clubs européens. En effet plus de la moitié sont déficitaires comme notamment Manchester United ou encore Valence et pourtant,  ils arrivent à engager des joueurs à des sommes colossales, en atteste par exemple la prolongation de contrat de Wayne Rooney avec un salaire annuel de douze millions d’euros.
Mais plus que financier, l’objectif est aussi moral. Lors de ces dernières décennies, les sommes injectées dans le football que ce soit dans les transferts mais aussi dans les salaires sont devenues indécentes à tel point que la société s’est emparée de ce sujet pour parfois même le politiser. Le scandale de Knysna fut la preuve irréfutable de l’injustice que ressentait la populas sur les salaires indécents que touchait les acteurs du ballon rond comme Raymond Domenech qui touchait 80 000 euros par mois lorsqu’il occupait le poste de sélectionneur de l’équipe de France.  Il faut donc redresser l’image du football pour revenir au plaisir de jouer au football, revenir tout simplement aux fondamentaux.
Ce concept vise à donner une certaine responsabilité aux clubs européens, cependant cette responsabilité n’est pas volontaire car c’est uniquement par le moyen de la contrainte avec pénalités que cela pourra marcher….

Les conséquences :

Sur le long terme, ce concept devrait normalement mettre sur un pied d’égalité tous les clubs avec une concurrence plus saine. Cette pérennisation entraînera une rationalisation du marché. En clair, fini les transferts vertigineux, les clubs ne pourront plus dépenser sans compter. Un transfert devra être mûrement réfléchit.
A fortiori sur le court terme, c'est-à-dire au cours de ce mercato estival, ce n’est pas seulement pour cette saison que les équipes doivent se renforcer mais pour les suivantes aussi. Désormais la qualité sera privilégiée à la quantité. Tous les délires sont donc permis, preuve en est, l’Olympique de Marseille vient de chiffrer le transfert de Valbuena à 25 millions d’euros !!  Le Qatar au PSG l’a aussi bien compris. 

Critiques :

L’institution de ce Fair Play financier est en réalité un constat d’échec cuisant pour  la professionnalisation du football. L’UEFA redevient une organisation interventionniste. Il faut l’intervention de la bande à Platini pour calmer les ardeurs de l’argent dans le football. Keynes doit être fier de sa théorie. Mais sur le très long terme, l’UEFA ne pourra pas maintenir sa tutelle sur les clubs européens
Pathétique, c’est le mot qu’il convient de dire, les dirigeants ne peuvent pas  eux même gérer leur business pour atteindre un équilibre nécessaire dans le marché.
D’autre part, ce concept n’est que la suite logique des réformes antérieures procédées par l’UEFA. Comme celle sur la Ligue des Champions avec un partage équitable des places attribuées pour cette coupe à travers l’Europe. C’est une politique d’équité que veut mettre en place l’UEFA pour que la compétition soit ouverte à tous.
C’est une vénérable cause mais il en atteste tout de même que pour l’amateur de grands matchs, c’est une bien mauvaise nouvelle. En effet la qualité de la ligue des champions sur les deux dernières années s’est dégradée n’offrant que de très grandes affiches  en faible quantité par rapport aux années précédentes.  De plus, pour les clubs de moyenne zone européen comme Bordeaux par exemple, c’est l’espérance de voir venir de grands joueurs qui s’amenuise, si tenter que la direction bordelaise en veuille ce que l’on peut douter avec leur politique sportive actuelle.
Bref, il faudra attendre réellement dans deux ans pour voir si une nouvelle page du foot business sera tournée, ou pas.

H.K

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire